Contes en îles (Iles-de-la-Madeleine CANADA) : Jour 4 Légendes et faits vécus

Assister à Contes en îles, c’est aussi parcourir les Îles de la Madeleine d’un bout à l’autre en l’espace d’une seule journée. Mercredi, donc, petit détour à Étang-du-Nord pour assister au dîner conté au restaurant à la Folie douce, où l’accueil s’est avéré aussi chaleureux que le menu – on m’a convaincu de goûter au loup marin – était bon. Le restaurant étant bondé, j’ai eu l’occasion de partager la table d’une sympathique française, venue aux îles dans le but d’assister au festival. Accompagné à la guitare de Patrice Michaud, Michel Faubert a récité un conte intitulé, La légende des cartes, qu’il avait découvert dans la bouche de Roméo Pérusse. Comme toujours, Michel parvient facilement à retenir notre attention. Puis ça été au tour de Patrice de prendre la parole, pour raconter une histoire de son cru, inspirée d’un rêve qu’il faisait enfant et du désir de vieillir dans sa Gaspésie natale. Il a complété son tour de piste en interprétant de sa belle voix une chanson du poète et journaliste russe Varlam Shamalov. Wow. Puis malgré sa nervosité, Céline Lafrance, des îles, est venue donner vie à l’histoire de son arrière-grand-mère Zélia, une Huronne ayant vécu au bord du lac Rond, en Haute-Gatineau. C’était la première fois que Céline Lafrance récitait une histoire devant public, et on espère que ce ne sera pas la dernière.

 

À 20h, de retour au bar spectacle Les Pas Perdus de Cap-aux-Meules, pour entendre le picardien Jean-Pierre Semblat conter l’histoire de son oncle Maintor, qui a combattu durant la première Guerre mondiale. Son accent coloré, devenu populaire grâce au film Bienvenu chez les Ch’tis de Dany Boon, avait de quoi faire sourire, tandis que Nadine Walsh s’est lancée dans le récit à la fois drôle et touchant de sa mère Rita, qui ne voulait pas passer sa vie chez les sœurs. Grâce à elle, on sait maintenant ce qui se cache sous les jupes des soeurs! Mon coup de cœur de la soirée va sans contredit à André Vigneau, des îles, et à l’histoire du cheval Farmer, qui aimait tellement son maître qu’il a traversé à la nage les dangereux courants qui séparent Havre-Aubert et l’Île d’Entrée. Go Farmer, go!

Tous les articles du festival sur http://www.voir.ca/blogs/contes-en-iles/default.aspx

30 ans de Tertous Gadrus Etreillers

Robert
LAMOURET, maison Joly de Bammeville à Pommery

Ce n’est pas un hasard si la semaine des 30 ans de Tertous Gadrus commence à
Pommery, à la maison Joly de Bammeville ; en effet depuis plusieurs
années, se sont développés une collaboration, des échanges avec Tertous
Gadrus : organisation durant plusieurs années du repas de début d’été de
Tertous  dans le parc, intervention de la bibliothèque des Gadrus auprès des
résidents, mais aussi intervention mensuelle d’un conteur gadrus et co-projet
d’un sentier arboré conté pensé, écrit avec les résidents et illustré par des
peintres de la région et même deux peintres cannadiennes…

L’intervention de Robert si elle est nouveauté à Pommery, n’est pas nouveauté auprès des
Gadrus : intervention avec Dégarouche, il y a plus de 20 ans, plus
récemment balade contée dans la basilique de Saint-Quentin, dans l’église
d’Etreillers, aux journées Saint-Nicolas de Bohain, à la messe en picard de
Vraignes-en-Vermandois et bien d’autres encore, tout cela en lien avec
l’association.

C’était donc maintenant l’occasion pour les résidents de faire connaissance avec
Robert, ses nombreux instruments, ses chansons ou canchons et son
charisme auquel pas un ne résiste.

« Ch’est Bébert aveuc sin viliolon qui fat dainser chés files pis chés garchons »,
pour paraphraser la chanson.

Et encore merci, une énième fois à la direction et à l’animation de
l’établissement qui sait accueillir, de la meilleure façon qui soit, ici le
monde associatif local gadrus.


François
Péry à la maison Euphémie Derche à Etreillers

Le proverbe picard dit « él mardi tout drot », c’est donc
François Péry, musicien avec plusieurs cordes à son… violon qui est allé de
l’avant et a officié ce mardi après-midi. Il n’est pas inconnu, même en
Vermandois, puisqu’on l’a entendu à l’église d’Etreillers à la Noël 2006, à
Vraignes-en-Vermandois cet été, entre autres ; il est par ailleurs
professeur de cornemuse picarde au conservatoire de Beauvais, intervenant
classes-patrimoine et a été partie prenante dans la tournée au Canada en 2005,
organisée par Tertous Gadrus et le groupe Achteure.

Il est donc intervenu, en terrain quasi connu à Euphémie Derche avec ses
instruments, ses airs entrecoupés de commentaires, anecdotes et autres contes. (Tertous
Gadrus est pour sa part déjà intervenu auprès des résidents de la maison en
2007 dans une animation d’après-midi).

Echanges avec les résidents, découvertes des différents instruments : violon,
cornemuse picarde, accordéon diatonique, et autres flûtiaux. Un moment de
détente, de dépaysement, si tant est qu’il est rare de rencontrer et d’entendre
un artiste complet et polyvalent de la trempe de François Péry, qui s’est, par
ailleurs, déplacé aimablement à la demande des Gadrus et que les applaudissements
des résidents ont beaucoup touché. La direction d’Euphémie Derche peut être
elle aussi remerciée d’avoir permis cette rencontre, de même que les
« spectateurs » d’un après-midi qui ont bien apprécié.

La semaine du trentenaire des Gadrus se poursuit donc, dans la diversité, dans
l’amitié, au bénéfice de tous les lieux, de tous les publics.


« Diries, cabotans et kamishibaï »
C’est le cas dit l’avocat, c’est le nœud dit le lancheux

Eh bien là, c’était les trois « k », même si, dans les trois « k », il y avait deux « c » : Kamishibaï, Contes, Cabotans. Et en plus un manipulateur, diseux, passeux anonyme. Diseux d’histoires, de contes, de légendes, de dictons, proverbes et autres rébus qui sont tous du monde de l’oralité, que le conteur a aussi enrichi au départ auprès de sa grand-mère, en Picardie, qu’il évoque souvent ; enrichi aussi d’une grande expérience de radio et de bourlingage. Moutreux de cabotans, si tant est que la Picardie est, elle aussi, une terre de marionnettes avec ses héros : Lafleur, Sandrine, Tchot Gleude, Fleurimont-long-minton, Bécassine (la demi-picarde),… et devient ou redevient depuis quelques dix ans une terre de gayants (les deux bouts de la chaîne !). Théâtre de papier avec le kamishibaï, que le manipulateur a glané au Japon, bien sûr et qu’il a expérimenté au cours de ses séjours-tournées au Canada, au Vietnam, au Mexique, Etats-Unis et donc à Etreillers pour les enfants et quelques adultes avec la bibliothèque de Tertous Gadrus et dans le cadre du trentenaire de l’association. Merci à notre artiste anonyme d’avoir fait le déplacement à Etreillers pour nous parler, dans notre petit pays, des autres pays, de ceux de l’Imaginaire et des histoires du Monde.

A.N.N.O.I.S Les différentes « orthographes » de ANNOIS à travers l’Histoire

  "orthographes" de ANNOIS

 

aulnaie : lieu planté d’aulnes.
                 latin alnusaunoie 1260 – aunaie 1601- de aulne  

 

1114

ALNOIT

(Cartulaire[1]de l’Abbaye de Saint-Quentin-en-Lîle, page 113)

 

1271

ALNETUM

(Livre rouge de l’abbaye de Saint-Quentin-en-Lîle, folio 155, archives de l’Empire LL 1018)

 

 

1358

ANNOY

(Archives de l’Empire, Trésor des chartes[2], registre 86, n° 131)

 

1582

AULNOY

(Archives de la ville de Saint-Quentin)

 

1670

AULNOIS

(Archives communales de Douchy)

 

 

La seigneurie d’Annois relevait autrefois de la châtellenie de Ham. C’est-à-dire que le seigneur d’Annois était le vassal de son suzerain de Ham.

 



[1] Recueil de chartes contenant la transcription des titres de propriété et privilèges temporels d’un monastère.

[2] Titre de propriété, de vente, de privilège octroyé.