A la découverte des Picards et des Baptistes

image208Chauny picardisante. Ben oui ch’tiot gars ! Chauny protestante aussi. C’était les deux thèmes retenus samedi et dimanche pour les 26e Journées du patrimoine. Visites, expositions, conférences et surtout rencontres inédites…

 Catherine Dutoit, responsable du musée municipal, avait invité Jean-Pierre Semblat, le spécialiste du parler picard, pour une visite guidée de la ville des singes.
Préparée depuis un an, la visite – circuit musée, église Saint-Martin, hôtel de Ville, square Foch, marché couvert, la Rotonde – a donc été commentée presque entièrement en picard. À chaque étape, un conte, une histoire, un rébus venaient compléter sous forme ludique les éclairages du guide Jean-Pierre Semblat, un personnage haut en couleurs à la voix de ténor. Une trentaine de curieux a donc ainsi déambulé dans les rues de la ville, profitant de l’occasion pour mieux connaître l’origine des noms des rues (Chauny, un domaine gallo-romain) et du blason (Tutentur lilia turres), ce qui signifie que « les tours soutiennent les lys », en référence aux loyaux services rendus à la royauté par les habitants de Chauny. Dimanche, ce sont les jeux picards qui ont attiré le public au musée pour un après-midi divertissement (notre prochaine édition).

Et si Robinson Crusoé était baptiste ?

C’est la question que posait l’une des affiches de l’exposition sur le Baptisme présentée au temple pendant ces journées du patrimoine, à l’occasion des 400 ans du mouvement baptiste mondial.
En effet Daniel Defoe (1660-1731), célèbre écrivain, était porteur de fortes sympathies baptistes.
Issus de la réforme protestante – Luther en

Allemagne, Calvin en France – les Baptistes sont des chrétiens militants depuis 400 ans, depuis l’installation de la première église baptiste en 1609 à Amsterdam. Suivront les premières églises en Angleterre (1612) et plus tard en France (1820) dans le Nord, à Nonain.
Lionel Minard, pasteur depuis neuf ans de la communauté baptiste locale, a acquis cette exposition réalisée par la Société d’Histoire et de documentation des Baptistes de France. Il a ouvert grandes les portes du temple à tous, pratiquants, simples curieux ou passionnés d’histoire.

Les Baptistes et la société

Installé après la seconde guerre mondiale rue du Général Leclerc le temple était donc ouvert ce week-end afin de faire connaître, au moyen d’une centaine de panneaux, le mouvement baptiste, son histoire, son identité, sa diversité, ses relations avec la société.
On pouvait ainsi apprendre que ce mouvement était, depuis son origine, pour la séparation de l’église et de l’Etat, que la dernière femme brulée sur le bûcher en Angleterre, le 23 Août 1685, était baptiste. Si Martin Luther King, Al Gore ou Jimmy Carter sont bien connus, d’autres baptistes ont laissé un nom dans notre l’histoire contemporaine, comme William Colgate ou Thomas Cook.
Pour compléter ces deux journées d’informations une conférence avec vidéo-projection sur Calvin et les baptistes par Sébastien Fath sera donnée au temple le samedi 26 septembre à 20 h 15.

Coing (PARLONS PICARD – AISNE-NOUVELLE)

8c3-coingQuites gins ditent ch’est dés fos déffichile éd lire, comprin-ne éch »Parlons picard » du sanmedi. I feut dire équ l’éschole éd La République a n’a pos bécoeup apprind à lire obin à décrire él Picard !

Lisons él-lé à heute vox, pis dés fos, en féra core pus simpe (acoutez dsur www.chespicards.fr). Conme chti-chi dsur chés coing, coin, coin-coin ! Éd qué cuin qu’en édvise ? d’échti qu’en y va quite fos, éch tchot-cuin, obin d’l'eute qu’éch meuvais éscholier en l’invoe aveuc ein bon-net d’bourrique ?

O core cougnés qu’en infique mitan d’éch bos por él fare péter in mourcheux pou l’cminée. Éch leup i l’est attindu à ch’cuin d’éch bos. Ch’est core éch cuin d’rues d’élle Terralle pis d’élle Grind Rue. Chés tchots is juaint dins l’cour d’éch l’éschole au quatère-cuins.
Mains ch’est él momint itou équ chés coings is meuritent dsur éch con-nassier : compote, gélée à fare édmain. Et pis, chés coin-coin cha y est is ont mis leus lévites d’chés courts-jours, chés marles nougues aveuc du col vert, marron pis gris, chés fémelles marron grises, pis éch blu d’leus miros d’ailes. Chés longs-cris, pis chés courts-cris cha cancante. En dot avoér fat él tour éd tous chés coins, mains pos d’chés racoins, chés érignies is s’y muchent souvint.

GLOSSAIRE
Cancanter : cancaner
Cougnasse : coing
Cougné : coin en fer
Érignie : araignée
Lévite : habit
Meurir : mûrir
Miro : miroir
Nougue : muet
Quite fos : parfois
Racoin : recoin

Patrimoène (PARLONS PICARD AISNE-NOUVELLE)

picardie

En dit souvint patrimoène por chin qu’i feut préservier, warder, fare vive, déverlopper, en porrot chi bin dire matrimoène por chin qu’i n’est d’élle lan-ne, d’élle tchuisine, d’chés costeumes pis core.

Élle lisse a’n'est lon-ne : dés instrumints éd musique éd Picardie, i né n’a qu’is s’imploètent à zés fare son-ner : pipausac, épinette…, dés bâtimints, chés grinds bin seur, mains itou chés tiu tchottains : coulombiers, capelles, qu’i n’a dés gins, dés offiches du torisme qui zés font vire pis vive.

Élle tchuisine picarde, élle vraie, élle bon-ne : flamiques, chicons, boudins à toutes lés seuces, fichelles, hochepot, coeuchons pis eutes chuquéries ; fâtes itou, tradichion-nelles obin érvisitiées por zés matte à l’mode d’achteure.
En a des musiées, dés arcquives, dés cartophiles et pis caquun souvint i s’fat lés sien-nes propes aveuc pourtraits éd famile, groupes éd villaches, mains itou dés papiers décopés dins ch’jornal, dés affiques, dés documints, chin qu’en décrit li-meume.
Infin, chin qu’i n’a dins l’tiête éd chés gins : dés ramintuvries éd momints qu’is ont vi, dés bouts éd canchons, dés ditons dés eins o dés eutes.
Él patrimoène, él matrimoène cha nos érloye à hier por qu’inhui en peuche pinsier à écafeuder él Mon-ne d’édman.

GLOSSAIRE
Achteure : maintenant
Coeuchon : chausson
Écafeuder : construire
Érloyer : relier
Hochepot : potée bœuf/porc
Inhui : aujourd’hui/ici
Pipausac : cornemuse
Pourtrait : photo
Ramintuvrie : souvenance

Du patrimoine, et en Picard s’il vous plaît

du-patrimoine-et-en-picard-s-il-vous-plait_mediumLe musée municipal ouvre ses portes à l’occasion des journées du patrimoine ce week-end : ballade picardisante le samedi et jeux picards le dimanche pour (re)découvrir le patrimoine local.

On sort ce week-end, ce sont les journées du patrimoine et c’est gratuit, même si le choix est restreint à Chauny avec son seul et unique musée. Cependant, pour attirer le public dans ces lieux culturels « qui peuvent faire peur » comme le conçoit la directrice des lieux Catherine Dutoit, des animations sur le thème du Picard sont organisées. « Je voulais faire quelque chose là dessus puisqu’en début d’année, la Picardie était menacée et les Picards s’étaient mobilisés pour défendre leur région. »

Pour mener à bien ces animations à thème, la directrice du musée a fait appel au conteur Jean-Pierre Semblat, Picard première langue, Français seconde langue.
« Nous avons programmé une balade picardisante » (N.D.L.R. : samedi à 17 heures) commente Catherine Dutoit. Une façon pour les Chaunois de découvrir leur ville en picard.

Difficile de décrire avec précision la façon dont va se dérouler cette sortie : « Ça dépend de qui on rencontre en chemin, du public et de leur contribution », commente Jean-Pierre Semblat, « l’agitateur culturel » comme il se définit.

Chose sûre : il va falloir travailler un peu la langue picarde pour comprendre à 100 % le conteur. Allez, quelques petites révisions : érnarrer (raconter), les coeuchures (les chaussures), éstaminet (le café), gayant (géant), tchotte (petite), etc. Jean-Pierre Semblat devrait employer ces mots durant la ballade. L’escapade picarde dans la ville devrait durer une heure trente.

Le dimanche, place aux jeux picards. Une vingtaine de jeux seront installés dans la cour du musée et à l’intérieur pour les plus anciens. « Un moyen pour faire entrer les Chaunois dans le musée d’histoire locale qui présente une collection d’objets issus de fouilles sur le Chaunois, remontant de la Préhistoire aux deux guerres mondiales. Quelques pièces de faïence de Sinceny sont aussi à voir. »

  • Ouverture du musée : samedi de 14 à 17 heures et le dimanche de 14 à 18 heures.
  • Dans le Chaunois : Le musée de la résistance et de la déportation de Picardie est ouvert le samedi de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures et le dimanche de 14 h 30 à 18 h 30. Le samedi, des visites guidées auront lieu le samedi à 10 heures et à 16 heures (entrée gratuite)
  • La ville de la Fère ouvrira les portes de l’église et du château de 14 heures à 17 h 30 tout le week-end. Des visites guidées sont aussi au programme.