Le département revisité par J.-P. Semblat

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Le picardisant, Jean-Pierre Semblat, dédicacera dimanche son dernier ouvrage : un Dictionnaire des noms des lieux de l’Aisne.

Un nouveau Dictionnaire des noms de lieux de l’Aisne. En quoi diffère t-il des autres ouvrages ?
J’y ai glissé un tcho peu de picard. Ce dictionnaire donne la signification des noms de commune. Il y en a 816 dans le département. L’Aisne est le deuxième en France, de par le nombre de communes, juste derrière le Nord-Pas-de-Calais. On y trouve également de la géographie, de l’histoire, les noms des habitants ainsi que des anecdotes. Sans oublier les blasons picards.

Qu’appelle t-on des blasons ?
On pourrait parler de sobriquets, de formules pour qualifier les habitants.

Existe t-il un blason particulier pour Saint-Quentin justement ?
Oui. Les Saint-Quentinois sont réputés pour avoir la tête près du bonnet, où la castagne fonctionnerait.

Qu’est-ce-qui vous a incité à écrire cet ouvrage ?
J’ai déjà travaillé avec la maison d’éditions Archives et Culture sur des ouvrages collectifs, Le costume d’autrefois et Bébés d’hier, où je n’étais que l’un des auteurs. Ils ont été suivis d’ Amour et mariage et Les Métiers de la mer. La même maison d’édition m’a recontacté il y a deux ans pour travailler sur cette thématique.

Comment avez-vous procédé ?
J’ai fait mes recherches dans les bibliothèques, aux archives, sur internet. J’ai également utilisé ma documentation personnelle que je retrouve sur mes étagères. J’ai travaillé durant un an et demi sur cet ouvrage. Je l’ai laissé reposer un peu avant de m’y remettre.
Outre l’écriture, vous poursuivez vos interventions en picard…
Bien sûr ! Je les poursuis tout au long de l’année : lecture de contes, interventions auprès des scolaires et dans les maisons de retraite où, tous les mois, je fais notamment de la picardo-thérapie.

Qu’entendez-vous par picardo-thérapie ?
Le picard peut servir à faire rire les tchos et à faire pleurer les vieux. A la maison de retraite Pommery où la moyenne d’âge est élevée, les gens me demandent :  »Tu reviens quand ? ». Je vais distiller chants et contes autour de Noël.

On connaît votre passion pour le picard. Comment est-elle née ?
Je suis issu d’une famille picardisante, du côté maternelle. Je n’ai pas entendu parler français chez moi avant l’âge de quatre ans. Lorsque

j’étais élève au lycée Henri-Martin, ma mère m’accompagnait lors de la bourse aux livres. Elle se mettait à parler picard et je mettais alors une distance respectueuse entre elle et moi. Lorsque je suis devenu étudiant en lettres supérieures à Lille, il y a eu retournement de situation. Le picard a refait surface.

Comment expliquez-vous le regain de cette langue ?
Une langue est importante pour redonner un peu de corps aux gens, un peu d’ambition aussi et elle leur permet d’avoir quelque chose à partager. Mais il faut savoir que pour que les Picards avancent, il en faut trois qui les poussent et quatre qui les tirent. Ils ont ce côté pusillanime. Cela dit pour en revenir à votre remarque, je suis foncièrement optimiste en ce qui concerne le regain de cette langue. D’autant plus lorsque je vois d’autres s’y intéresser. J’ai reçu, cette année, des étudiants allemand et autrichien qui travaillaient sur le picard. Un doctorant américain s’y consacre également.

Qu’en est-il du certificat picard que vous avez lancé il y a quelques années ?

Le 25 juin 2011, nous organiserons la 12e édition. Il y a des bonnes et des mauvaises années. Parfois, des jeunes s’y inscrivent. Un tcho de 6e l’a passé il y a deux ans.

SES DATES
Le 26 février
« Je suis né le même jour que Victor Hugo, mais pas la même année. Je m’en suis rendu compte dernièrement. »

1904
« C’est l’année de naissance de ma mère. Une vieille dame, qui habitait à côté, a été opérée de l’appendicite. Il faut savoir qu’à l’époque, on se faisait déjà opérer de cette pathologie. »

1965
« J’ai lié mon existence à celle de Marie-Lise Frère, devenue Marie-Lise Semblat. »

1966
« La naissance de mon premier garçon auquel se sont joints un autre garçon et deux filles. »

20..
« Je n’ai pas encore rédigé mon épitaphe en picard. »

PRATIQUE :
Jean-Pierre Semblat dédicacera son ouvrage Dictionnaire des noms de lieux, dimanche, à la librairie Cognet de 15

heures
à 18 heures.
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Auteur : Nasséra LOUNASSI
Article paru le : 17 décembre 2010

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