Le portrait du jour / Jean-Pierre Semblat ardent défenseur du picard

portraitJean-Pierre Semblat, 66 ans, est un touche à tout : prof de lettres honoraire, éleveur, jardinier, chroniqueur rural et Picard, mais citoyen du monde !

D’où vous vient votre intérêt pour la langue picarde ?
Jean-Pierre Semblat : « C’est notre langue, celle que nous avons d’abord entendue et certainement écoutée dans le ventre de notre mère.

C’est un signe de reconnaissance des compatriotes de notre petite patrie, elle nous permet d’ailleurs de reconnaître nos voisins parents linguistiques qui ont bien sûr la même langue, mais avec leurs petits particularismes. La diversité est source de richesse, de pluralité, d’échanges, d’état d’esprit et d’intelligence différente : « Dis-moi la langue que tu parles je te dirai qui tu es ! ».

Comment défendez-vous cette langue ?

« C’est là où nous serons le plus disert, parce que certes il faut réfléchir dans sa langue, parler sa langue, penser dans sa langue, mais agir dans sa langue c’est se mettre au collectif, aux autres et leur faire trouver, retrouver, découvrir, pratiquer notre langue.

Une série latine, de je ne sais plus qui, dit : « Hostis vester, pater noster, panis suus, amicus tuus, lingua mea ! » Rien ne m’est plus proche, plus personnel que « ma » langue.

Il faut investir ou réinvestir les lieux : maisonnée, école, église, café, commerce, espace public, espace ludique.

Il faut s’intégrer à la vie : les fêtes familiales, les événements communaux : ducasses, kermesses, les événements sportifs.

Il faut s’intéresser à la vie professionnelle et commerciale

On obtient ainsi des moments, des faits, des événements, de la fête : les maisons particulières s’ouvriront ainsi l’hiver pour accueillir nos veillées, la quête de nos mots au travers de la constitution de glossaires ; elles s’entrouvriront aussi pour la collecte ou la mise en œuvre de telle compétence culinaire ou au niveau du chant.
Les bistrots sont le théâtre de telle émission de radio, venue d’une caméra, jeu d’écus ou autre, on y parle souvent la langue, mieux on y parle parfois de la langue.
Les bibliothèques sont bien le lieu ou la langue picarde peut percer : album, livres, recueils, glossaires, et animations contes, légendes, écriture en commun de l’imaginaire-légendaire picard. »

Et dans les écoles, vous voulez faire quoi ?

« On a un plan pour chaque niveau d’études : maternelles avec comptines, jeux de doigts, sauteuses, virelangues, canchons-dormoère ; rimaires avec cabotans, jeux picards, physiques ou de l’esprit, rébus, gayants, fabliaux ; collège avec fables et autres anagrammes, dictons et proverbes, contes et légendes ; lycéens avec patronymes et toponymes, mots paplars, poésie et nouvelles. Vlà, ch’est toute ! ».

Article paru dans le journal l’Union le 7 avril 2008

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