20 juil 2008

Picardie / C’est tout « Boon » pour la langue picarde

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braillon
C’est l’un des effets indirects du film de Dany Boon « Bienvenue chez les Ch’tis ». Les promoteurs du picard se réjouissent d’un nouvel intérêt pour la langue régionale. Rien de plus normal puisque le ch’ti et le picard partagent un patrimoine commun.

« En ce moment, je reçois une demande d’animation en picard tous les jours. J’appartiens à un groupe de discussion. Ses autres membres, de France ou de Belgique, disent qu’ils n’ont jamais reçu auparavant autant de demandes de renseignements », se réjouit Jean-Pierre Semblat, conteur de Beauvois-en-Bermandois.
Bien entendu, c’est le fameux film de Dany Boon Bienvenue chez les Ch’tis qui provoque ce retour vers la langue ancestrale. C’est ainsi l’occasion pour le public de célébrer des racines communes.
Jean-Marie Braillon, conseiller principal d’éducation à Hirson, poursuit depuis plus de vingt-cinq ans la réalisation d’un dictionnaire français-picard. Son œuvre colossale comprend déjà 200.000 mots avec deux mille références à des auteurs. Lui aussi applaudit à cette véritable renaissance : « C’est certain. Les utilisateurs sont décomplexés. Au lycée, des élèves s’interpellent à nouveau en picard. C’est assez extraordinaire. Pourtant, avant 1914, c’était naturel de s’exprimer ainsi dans les familles ».

L’association Langue et Culture de Picardie dépendant de l’office culturel régional à Amiens confirme également cette tendance : « ll y a un engouement par rapport au film sur la culture et la langue régionales ».
La réalisation de Dany Boon est aussi une occasion de franchir les frontières administratives.
Car, le terrain d’expression du picard reste encore immense avec une grande partie de l’Aisne, à l’exception de sa partie sud, le sud de l’Oise, la Somme, le

Nord-Pas-de-Calais, une partie des Ardennes et le Hainaut belge. « Du côté d’Arras, de Douai ou de Tournai, le public nous comprend et vous le comprenez. L’immense majorité des mots partage un même sens », précise encore Jean-Pierre Semblat.
François Péry, enseignant de cornemuse picarde au conservatoire de Beauvais et habitant Harcigny, en Thiérache, est lui aussi optimiste. « Le film de Dany Boon est très respectueux de la langue picarde puisque le ch’ti en est une déclinaison. Il va donc nous profiter ».

Thierry de Lestang Parade

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